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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 20:31

Tchernobyl aujourd’hui

 

Source : « Le Dniepr » Le journal des enfants de Tchernobyl - n.58 – juin 2011

Journal édité par l’association humanitaire alsacienne reconnue d’utilité publique :

« Les enfants de Tchernobyl » 


L’association a effectué en 2011, une mission pour évaluer la situation sur le terrain (régions sud ouest de la Russie) plus de 25 ans après l’explosion du réacteur à Tchernobyl le 26 avril 1986. Les études ont été principalement effectuées à Novozybkov (Ukraine), ville de 41 000 habitants située à 200 km de la centrale nucléaire accidentée.


Les analyses sont prises avec un spectromètre gamma très performant pour évaluer la contamination en césium 137 de la couche superficielle des sols. Les résultats sont sans appel, les chiffres s’affolent sur le compteur : la moyenne donne environ 250 000 Bq/m2 de césium 137, soit autant que dans la zone interdite de Tchernobyl (et nous sommes à 200 km !) et cela dans les jardins, les cours d’école, les forêts…


Qui dit contamination des sols dit bien sur contamination des aliments, et donc contamination de la population. Car si la radioactivité du sol diminue  (il faudra attendre plus d’un siècle pour atteindre des concentrations non toxiques) elle s’accumule en revanche dans le corps des êtres humains. Certains enfants, qui n’étaient pas nés en 1986, ont dans leur corps autant de césium 137 que leurs parents 25 ans plus tôt…


Depuis 1986, des milliers d’études ont mis en évidence dans les pays touchés une augmentation sensible de toute sortes de pathologies, de cancers aux retards de développement mental. « L’Académie des sciences de New York » a publié le recueil le plus complet de données scientifiques concernant la nature et l’étendue des dommages infligés aux êtres humains et à l’environnement à la suite de l’accident. Les auteurs estiment que les émissions radioactives du réacteur en feu ont atteint 10 milliards de curies, soit 200 fois les retombées des bombes atomiques lancées sur Hiroshima et Nagasaki…


Les dépenses directes provoquées par la catastrophe pour les 3 pays les plus touchés dépassent 500 milliards de dollars, ce qui rapporté au coût de la vie dans l’U.E, représente plus de 2 000 milliards d’euros…

On ne peut s’étonner de la désinformation quand aux conséquences sanitaires et écologiques de l’accident, lorsque l’on sait que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), porte parole de l’establishment nucléaire, a signé un accord en 1959 avec l’OMS, interdisant d’informer les populations sur les effets des rayonnements ionisants pour les humains sans l’aval de l’AIEA…


…Le maire de la ville de Novozybkov relate n’avoir entendu parler de la catastrophe que deux mois après, leur ville a ensuite été classée « zone d’évacuation » mais n’a jamais été évacuée faute d’argent pour reconstruire une ville nouvelle plus loin, les normes admissibles de contamination au césium 137 dans l’alimentation ont été rehaussées, la nourriture disponible localement est contaminée et à moins d’émigrer aucune autre n’est disponible, l’Etat rachète les maisons de ceux qui veulent partir mais les recède à des mal logés d’ici ou d’autres régions, des pommes de terre produites dans les terres contaminées sont envoyées en Sibérie, l’hôpital local doit faire face à une hausse constante des pathologies dans des conditions des plus rudimentaires, la contamination est diluée dans toute la Russie….


Bilan sanitaire de Tchernobyl en quelques chiffres :


·      OMS : 5 000 cancers de la thyroïde et 9 000 autres cancers en zones très contaminées

·    AIEA: 56 morts de cancers de la thyroïde, 4 000 personnes pourraient décéder.

·    

       UNSCEAR, Comité scientifique de l’ONU pour l’étude des effets des rayonnements ionisants : 6 000 cancers de la thyroïde dont au moins 15 mortels (en 2005).


·   Greenpeace : 100 000 à 400 000 morts de cancers et autres maladies en Ukraine, Russie, Biélorussie.


·   Académie des sciences de New York : 985 000 décès dans le monde entre 1986 et 2004, 125 000 liquidateurs morts, 40 à 80% d’enfants malades dans les zones contaminées.

 

 

P1

 

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Petite histoire de la centrale:


L’URSS projetait de faire de Tchernobyl la plus grande centrale nucléaire d’Europe, avec 12 réacteurs…


·      Réacteur 1 : mis en service en 1977, arrêté en 1996.

·      Réacteur 2 : mis en service en 1978, arrêté en 1991 à la suite d’un incendie.

·      Réacteur 3 : mis en service en 1981, arrêté en 2001 à la demande des autorités internationales.

·      Réacteur 4 : mis en service en 1983, explose en 1986.

·     Réacteur 5 : construction interrompue par l’accident, sert de poubelle pour les déchets du bloc 4.

 

Arrêtés, mais pas décontaminés. Installations, combustibles et déchets nécessitent une vigilance permanente. Aujourd’hui l’objectif est de « sécuriser le site » : une enceinte doit être construite autour du sarcophage fissuré (arche métallique de 23 000 tonnes, 108 m de haut, 162 de long). Les travaux ont débuté en 2010, et devraient s’achever en 2015. Projet estimé à 1,540 milliards  d’euros. 520 millions d’euros sont requis d’autre part, pour la gestion de 2 millions de tonnes de combustibles radioactifs actuellement stockés à l’air libre…

 

L’association "Les enfants de Tchernobyl" organise depuis 18 ans des séjours d’été pour 3 000 enfants Ukrainiens et Russes de 6 à 11 ans victimes de contamination radioactive, dans des familles alsaciennes. Pour leur permettre de se refaire une santé grâce à une alimentation « propre » :


« Après trois semaines de séjours en France, la charge de césium 137 des enfants a baissé de 20 % en moyenne, après huit semaines de 62,5 %. Preuve qu’il est important de faire sortir les enfants des zones où la nourriture est contaminée et où il y a des sources d’irradiation externe. »


Elle finance aussi des cures de pectine de pomme (avec vitamines et oligo-éléments) qui permettent de réduire la contamination interne.

 

Bibliographie pour approfondir :


« L’Atlas des contaminations radioactives » d’André Paris, Ed. Yves Michel. Un ingénieur agronome et géologue, spécialiste bénévole de la mesure de contamination des sols sillonne toute l’Europe de 1999 à 2001, pour enregistrer une « image » de la radioactivité « vue » à la surface du sol. 3 000 mesures qui apportent une information indépendante sur les conséquences sanitaires de la catastrophe de Tchernobyl.


« Tchernobyl, 25 ans après. Situation démographique et problèmes de santé dans les territoires contaminés » de Youri Bandajevsky, Ed. Yves Michel. Emprisonné pendant huit ans pour avoir dénoncé la politique de santé de la Biélorussie après Tchernobyl, le professeur Bandajevsky préside depuis 2009 le Centre écologie et santé de Kev. Il a élaboré « un modèle de système de vie dans un territoire par la radioactivité ».

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CAN - Collectif pour des Alternatives au Nucléair - dans En parlant du nucléaire...
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