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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 20:40

NegaWatt montre la voie


de la transition énergétique

 


  Comment sortir du nucléaire et disposer d’énergie essentiellement renouvelable en 2050, sans pour autant « revenir à la bougie » ? Eléments de réponse avec le scénario Négawatt 2011.

 

 

Depuis 2001, les experts de l’association NégaWatt se creusent la tête pour répondre à cette question : comment, en 2050, disposer d’un système énergétique national autosuffisant basé en priorité sur les ressources renouvelables, non dépendant au pétrole, et dénucléarisé ?

Ils présentent pour ce faire un premier « scénario » en 2003, qu’ils actualisent en 2006. Le 29 septembre dernier, l’association révélait sa dernière mouture à partir des données de 2010. Et, bonne nouvelle, il est encore temps ! Sans attendre d’innovation technologique miraculeuse, la France a les moyens de subvenir à tous ses besoins énergétiques (s’éclairer, se déplacer, se chauffer, se divertir…) en sortant du nucléaire, sans pour autant sacrifier ni la lutte contre le changement climatique, ni notre qualité de vie.

La méthode et le démarche des experts n’ont pas changé. La première question qu’ils se posent coule de source : « De quelle quantité d’énergie aurons- nous vraiment besoin en 2050 ? » Et la réponse qu’ils fournissent en 2011 est toujours aussi édifiante : si nous économisons l’énergie en privilégiant la sobriété et l’efficacité, il nous suffira, même en 2050 (75 millions de français), de disposer d’un tiers de l’énergie primaire (1) actuellement nécessaire pour subvenir à nos besoins, sans pour autant diminuer notre confort. Et les énergies d’origine renouvelable pourront fournir 90% de cette énergie.

 

DEGIVRER LE FRIGO,

RALENTIR LA « DECOHABITATION »

Economiser signifie être sobre. La sobriété énergétique pourrait permettre, selon le scénario présenté par l’association, d’économiser 600 térawatts-heures (2) en 2050, soit 20% de l’énergie que nous produisons aujourd’hui. 

En quoi consiste la sobriété énergétique ?

Tout simplement, il s’agit de l’ensemble des pratiques qui permettent de réduire notre consommation d’énergie sans pour autant réduire notre confort. Certaines relèvent de petits gestes, d’autres impliquent des changements de comportement plus globaux.

Pour les pratiques de consommation courantes, on peut par exemple éteindre les veilles d’écran, dégivrer les frigos…mais aussi consommer des produits locaux pour limiter le transport de marchandises, bio pour diminuer l’utilisation de produits chimiques (pétroliers), et tout simplement réduire notre surconsommation alimentaire, aujourd’hui trop riche de 30% en calories, et de 80% en protéines ! Concernant l’habitat, les experts préconisent notamment la limitation du processus de « décohabitation » aujourd’hui à l’œuvre. Pourquoi ne pas favoriser la cohabitation entre célibataires, et intergénérationnelle ? Quand à la construction, le scénario montre qu’en privilégiant les matériaux naturels, on peut réduire drastiquement l’utilisation (donc la production) de béton, de plastique et de métal. La sobriété concerne enfin nos pratiques de mobilité : réduire fortement les déplacements aériens, limiter la vitesse au volant, inciter au covoiturage, préférer les transports doux ou collectifs au détriment du tout voiture…

 

PLAN MASSIF D’ISOLATION THERMIQUE

Economiser signifie donc être sobre, mais surtout être efficace. A l’horizon 2050, les mesures visant à l’efficacité énergétique pourraient concourir à réduire notre production énergétique de 40% ! Côté production, le développement de la cogénération (3) permettrait de réaliser de fortes économies. Et côté consommation, le potentiel le plus conséquent réside dans l’habitat, responsable aujourd’hui de 45% de notre facture énergétique. Les auteurs du scénario préconisent une politique massive de rénovation du bâti accompagnée d’une généralisation des technologies de chauffage les plus performantes telles que la chaudière à condensation, dans laquelle les vapeurs de combustion servent aussi à chauffer l’eau. Côté transport, l’efficacité énergétique repose avant tout sur l’amélioration des moteurs et sur le développement de transports efficaces (ferroviaire, fluvial) au détriment du secteur routier pour les transports de marchandises.

 

SORTIR DU NUCLEAIRE EN 2033

Nous sommes à présent en novembre 2050. le scénario NegaWatt a été suivi. Les comportements et les politiques ont changé : la sobriété et l’efficacité ont permis d’économiser plus de 2000 TWh d’énergie primaire cette année. Pour les 1000 TWh dont nous avons toujours besoin, le scénario préconisé en 2011 a également été suivi : les énergies renouvelables en fournissent plus de 90%. La biomasse solide (4) est la ressource énergétique prépondérante du pays. Elle assure l’essentiel de nos besoins en chauffage, qui ont considérablement diminué depuis la politique volontariste d’isolation thermique du bâti. Le biogaz (5), qui a progressivement remplacé le gaz naturel, assure l’essentiel de nos besoins énergétiques en mobilité. Le pétrole n’est plus utilisé que pour les transports aériens. Enfin, grâce à l’hydraulique, au solaire photovoltaïque, mais surtout à l’éolien, nous pouvons tranquillement recharger notre vélo électrique. La technologie de l’électrolyse, qui existait déjà en 2011 mais qui a vraiment été développée dans les années 20, permet de stocker les surplus électriques sous forme de méthane. Le nucléaire ? Abandonné en 2033 : il était jugé trop dangereux, trop cher, et inutile.

 

Petit lexique énergétique

  1. L’énergie primaire désigne l’énergie totale produite, en « amont », à partir des ressources énergétiques (charbon, pétrole, gaz naturel, uranium…bois, vent, soleil, biogaz, courant des rivières, marées…). L’énergie finale est celle que nous consommons en « aval ». compte tenu des pertes dues au stockage, au gaspillage, au transport et à la production d’énergie, seulement 65%  de l’énergie primaire produite est aujourd’hui utilisée en énergie finale. Les experts de NegaWatt estiment que ce rendement pourrait atteindre 82% si des mesures d’efficacité énergétique étaient prises.
  2. Un Térawatt (TW) équivaut à un million de mégawatts, soit mille milliards de watts.
  3. La cogénération consiste à produire, à partir d’une même installation, de l’énergie thermique (chaleur) et de l’énergie mécanique. L’exemple le plus parlant de la cogénération est la récupération de la chaleur dégagée par les turbines d’une centrale électrique.
  4. la biomasse solide désigne principalement le bois et ses dérivés (granulés…) ainsi que toute ressource ligneuse, comme les résidus des récoltes : bagasse de canne à sucre, grappe de maïs…
  5. Le biogaz est le gaz produit par la fermentation de matières organiques animales ou végétales. Il est produit à partir des déchets industriels, agricoles et ménagers dans les centres de stockage et les méthaniseurs ou encore dans les digesteurs de boues de stations d’épuration.

 

 

(L’âge de faire n.58 – Novembre 2011- Article de Fabien Ginisty)

 

La synthèse du scénario négaWatt 2011 à télécharger : 

http://www.negawatt.org/telechargement/SnW11//Scenario_negaWatt_2011-Dossier_de_synthese-v20111017.pdf 

 

Une association « cousine » de négaWatt : GLOBAL CHANCE 

qui fait un boulot remarquable (mais peu remarqué) depuis 1992 :

http://www.global-chance.org/index.php

 

Elle publie des articles et dossiers très documentés sous forme de cahiers.

La pertinence de ses docs doit tenir entre autre du fait que plusieurs de ses 30 experts sont d’anciens du CEA ou d’EDF !

Parmi ses publications, qui tentent de contrer la propagande du lobby nucléaire:

Extrait des conclusions du cahier n°30 (sept 2011) :


"L’énergie en Allemagne et en France : une comparaison instructive"

...Enfin, on est surpris de constater que, contrairement à l’idée généralement admise, le solde des échanges d’électricité

de la France avec l’Allemagne est négatif : la France importe 12 TWh de plus d’Allemagne qu’elle n’exporte vers ce pays....

 

A consulter sur : http://www.global-chance.org/spip.php?article50

 

 

A consulter aussi :

Les Cahiers de Global Chance, n°29, avril 2011  

"Nucléaire : le déclin de l’empire français"

http://www.global-chance.org/spip.php?article49

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 20:39

Source: le monde.fr – 8/11/11

Réduire nos émissions de 30 % pour favoriser l’emploi,

le rapport qui dérange


 

"Quelles doivent être nos ambitions en matière de limitation des gaz à effet de serre ? Faut-il conserver l'objectif actuel de réduction de nos émissions de CO2 de 20 % d'ici 2020 ? Ou passer à – 25 % voire – 30 % ? C’est la question que soulève un rapportTrajectoires 2020-2050 : vers une économie sobre en carbone, remis par l’économiste Christian de Perthuis au ministère de l’écologie, à vingt jours du sommet sur le climat de Durban, en Afrique du sud.

 

La réponse est sans appel : une politique ambitieuse en matière d’émissions sera bénéfique à la planète, évidemment, mais aussi à l’emploi tant le lien entre climat et croissance est fort. Et ces retombées positives seront d'autant plus prégnantes, pour l'écologie comme pour l'économie, que les efforts sont réalisés tôt en la matière. Ainsi, dans l’optique de réduire par quatre nos émissions d’ici 2050 (ce que l’on appelle le facteur 4), soit, pour la France, une baisse de 75 % des rejets par rapport au niveau de 1990, le rapport préconise un point de passage en 2020 le plus ambitieux possible.

Pour preuve, le document étudie trois hypothèses : le statu quo, à savoir maintenir les objectifs actuels de diminution de 20 % des rejets d'ici 2020, ou un changement d'objectif à - 25 % et - 30 %. La conclusion, c’est que la dernière option s’avère de loin la plus profitable dans tous les secteurs : du côté de l'écologie, elle permet de limiter le cumul des émissions de CO2 (- 8 % en 2050) ; pour la santé, c'est 3,5 milliards d'euros d'économisés chaque année au niveau européen ; et en ce qui concerne l'économie, elle contribuerait à créer 125 000 emplois en 2020, à accroître la croissance sur le long terme et à permettre à la France de se positionner sur le secteur concurrentiel des green tech. Au contraire, le statut quo aboutirait à la création de 38 000 emplois d'ici 2020, ainsi qu'à la perte d’un point de croissance par an jusqu'à 2020, selon l'Iddri.

Comment expliquer ces différences de retombées en matière économique ? Tout réside dans les deux mesures structurelles, basée sur le signal-prix, que préconise le rapport pour parvenir à l'objectif de - 30 %. La première, c'est la contribution climat énergie qui avait été retoquée par le conseil constitutionnel fin décembre 2009, qui déboucherait sur une taxe des secteurs affichant des émissions diffuses, comme les transports, le bâtiment et l'agriculture. La seconde, elle, consisterait à réajuster le marché européen des échanges de quotas de CO2. "Car aujourd'hui, le prix du carbone, à 8 euros la tonne, n'est pas incitatif pour les entreprises, qui ont trop de quotas, explique Sébastien Blavier, chargé de mission au Réseau action climat (RAC), qui a participé au groupe de travail sur le rapport de Perthuis et qui a publié son propre rapport sur les conséquences pour la France d'un passage à l'objectif de - 30 %. En mettant de côté 800 millions de tonnes de CO2, comme le conseille la Commission européenne, on pourrait faire remonter le prix du carbone, à 40 euros la tonne d'ici 2020, un prix bénéfique pour l'écologie, en raison de rejets moindres, mais aussi pour l'économie."

Par ces mesures, le gouvernement, qui va vendre une partie des quotas aux industriels à partir de 2013 au lieu de les donner, verrait en effet ses revenus considérablement augmenter. Selon le rapport, ces ressources seraient alors reversées aux  petites et moyennes entreprises, du secteur du bâtiment ou des énergies renouvelables par exemple, notamment par le biais d'une baisse des charges qui favoriserait l'emploi. Ces revenus seraient aussi alloués au financement de la recherche et de la diffusion de technologies sobres en carbone. "Aujourd'hui, les grandes entreprises françaises disposent de capacités importantes de R&D. Mais il s'agit de trouver le moyen de transférer les connaissances aux petites et moyennes entreprises, car cela générerait de la croissance et de l'emploi", assure le rapport. Au final, les PME, porteuses d'emplois, seraient favorisées au détriment des grands groupes énergétiques, principaux acheteurs de quotas de CO2.

C'est là que l'on saisit mieux les enjeux d'une telle proposition et l'opposition qu'elle a suscitée. Cet objectif des – 30 %, s'il est présenté dans le rapport comme une option, n'a en effet pas été retenu de manière officielle par le groupe de travail. Les syndicats patronaux, le Medef et l'Association française des entreprises privées (AFEP), y ont ainsi mis leur veto, officiellement par manque de réalisme, mais officieusement parce qu'il va à l'encontre des intérêts des grandes entreprises du CAC 40. Surtout, le malaise était tel que le rapport, jugé "trop subversif" selon La Tribune qui a révélé l’information, n'a pas été publié de manière usuelle. Le document, remis mercredi dernier à la ministre Nathalie Kosciusko-Morizet, devait à l'origine passer en conseil des ministres ce mercredi 9 novembre. "Il n'en sera rien, regrette Sébastien Blavier. Matignon a repoussé l'arbitrage sans préciser de nouvelle date. Autant dire que le rapport a été enterré." 

"La France bloque les débats sur ce sujet dans les négociations climatiques, ajoute le chargé de mission. La Grande-Bretagne, l'Espagne, la Suède ou le Danemark se sont déjà prononcés pour une réduction de 30 % des rejets. L'Allemagne, elle, s'est de son côté fixé - 40 %. Il faut maintenant que François Fillon prenne ces mêmes engagements, afin d'entraîner un effet domino en Europe et des conséquences écologiques, économiques et sociales les plus positives possibles."

Malgré tout, cet objectif de - 30 %, s’il est louable et nécessaire, sonne aussi comme très ambitieux. Car en dépit du protocole de Kyoto, et de l'engagement de réduction des émissions par nombre de pays, nos rejets en carbone suivent une courbe diamétralement opposée. Les émissions mondiales de CO2 ont ainsi augmenté de 45 % depuis 1990, selon la NOAA, que cite le blog Oil Man. Et les derniers chiffres publiés par le département d’Etat américain ne sont guère plus rassurants : + 6 % en 2010, soit la plus forte croissance jamais enregistrée. Une telle tendance annuelle, si elle persiste, nous place au-delà du pire des scénarios du GIEC, celui d'une hausse des températures moyennes d'au moins 6°C d'ici à 2100, précise le blog. Autant dire que le sommet du Durban a du pain sur la planche, pour parvenir non seulement à un accord des pays en termes d'objectifs, mais aussi une entente sur leur mise en œuvre concrète."

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 20:38

(Alternatives Economiques – avril 2011 – numéro 301 – Article de Laurent Jeanneau et Guillaume Duval)

LA FRANCE PEUT-ELLE SORTIR DU NUCLEAIRE ?


ENERGIELa catastrophe de Fukushima a relancé le débat sur l’avenir de la filière nucléaire. La France pourrait elle s’en passer ? 


UNE ENERGIE INCONTOURNABLE ?


En France, l’atome est roi. Avec 58 réacteurs dans 19 centrales, la France dispose du premier parc nucléaire européen et du deuxième mondial, derrière les Etats-Unis (104 réacteurs). En terme de production, l’Hexagone est également sur la deuxième marche du podium, avec 390 térawattheures (TWh) en 2009, contre 799 TWh outre-Atlantique. Mais là où la France fait vraiment exception, c’est par la place écrasante qu’occupe l’atome dans son bouquet électrique: 75% de son électricité est d’origine nucléaire. Une proportion sans commune mesure avec celle des autres pays : 29% au Japon, 20% aux Etats-Unis, 23% en Allemagne….

Le programme nucléaire français a été justifié en particulier au nom de l’indépendance énergétique. Cet objectif a-t-il été atteint ? Il est permis d’en douter parce que le nucléaire consomme de l’uranium, une matière première en provenance de pays souvent instables comme le Niger, où les mines ont de plus un impact écologique très négatif. Les réserves d’uranium ne sont pas non plus infinies. Par ailleurs, l’électricité ne représente que 23% de la consommation d’énergie finale en France. Le pétrole continue donc de se tailler la part du lion dans notre mix énergétique, dans lequel le nucléaire ne compte que pour un peu plus d’un sixième. La France consomme d’ailleurs plus de pétrole par habitant que la moyenne des Européens. Résultat : même si les exportations d’électricité ont rapporté 1,2 milliards en 2010, elles sont très loin de compenser le coût des importations de pétrole et de gaz : la facture énergétique de la France s’élevait à 46 milliards d’euros l’an dernier, soit 2,3 points de PIB.

Autre argument avancé plus récemment en faveur du nucléaire : il permet d’économiser entre 60 et 100 millions de tonnes équivalent CO2 par rapport à des centrales à gaz à cycle combiné. Ce n’est pas négligeable, puisque cela représente 15% à 20% de nos émissions totales de gaz à effet de serre. Mais outre les risques d’accident graves, illustrés une nouvelle fois par Fukushima, le nucléaire nous oblige aussi à stocker pendant quelques milliers d’années des tonnes de déchets radioactifs très toxiques dont on ne sait pour l’instant pas quoi faire….De plus le choix du tout-nucléaire a été jusqu’ici un frein important au développement des énergies renouvelables. Celles-ci ne représentent que 16% de la consommation électrique de la France, contre 62% en Autriche, pays qui n’utilise pas l’énergie nucléaire.

 

QUELS  SCENARIOS ?


Malgré Fukushima, enterrer l’atome n’est pas toujours pas une option officiellement à l’étude en France. Serait-ce toutefois envisageable, tout en respectant l’objectif d’une division par quatre des émissions de CO2 d’ici à 2050 ?

Oui, considère l’association Négawatt, qui regroupe une centaine d’ingénieurs experts des questions énergétiques. Elle avait élaboré en 2006 un scénario respectant cet objectif. Il prévoit une décrue régulière de la production d’électricité d’origine nucléaire avec une production résiduelle de 80 TWh en 2050. En contrepartie, la production d’électricité d’origine renouvelable devrait être développée à très grande échelle pour atteindre 380 TWh en 2050, quasiment le même niveau que le nucléaire aujourd’hui. Mais il faudrait aussi et surtout agir massivement sur la consommation d’électricité. Via la sobriété, à hauteur de 150 TWh, en luttant contre les gaspillages ; et l’efficacité, à hauteur de 280 TWh, grâce à des équipements plus économes en consommation électrique, notamment au niveau des dispositifs de veille très gourmands. Cela permettrait de stabiliser la consommation d’électricité d’ici à 2050 tout en doublant les usages. On serait donc loin d’un retour à la bougie, même si cela implique un changement important de comportement ! Pas question cependant, dans une telle perspective, d’envisager le développement de la voiture électrique….

L’ingénieur et économiste Benjamin Dessus, président de l’ONG Global Chance, a étudié récemment un scénario plus ambitieux encore : une sortie du nucléaire en 20 ans, en fermant les réacteurs au fur et à mesure qu’ils atteignent 33 ans de fonctionnement. A ce rythme, la production nucléaire serait réduite de moitié en 2020, à 180 TWh, avant d’être définitivement stoppée en 2031. « La condition sine qua non, juge t-il, c’est de faire d’importantes économies d’énergie pour passer d’une consommation de 460 TWh aujourd’hui à moins de 260 TWh en 2030. ». Très ambitieux. D’ici à 2020, Benjamin Dessus estime cependant que 100 TWh d’économies seraient possible dans le secteur résidentiel tertiaire, le plus énergivore, grâce à la baisse des consommations inutiles, l’amélioration du rendement des équipements, l’élimination progressive du chauffage électrique et la rénovation thermique de l’habitat (2).

            Dans un tel scénario il faudrait être en mesure de produire environ 150 TWh d’électricité renouvelable d’ici à 2020, un objectif en phase avec les projections du Grenelle de l’environnement, et poursuivre cet effort pour arriver à 270 TWh en 2031. L’un comme l’autre de ces scénarios nécessitent aussi de bouleverser la logique actuelle d’un réseau intelligent adapté à une production d’électricité très décentralisée. Tant le scénario de NégaWatt que celui de Benjamin Dessus prévoient également de maintenir une petite proportion d’électricité d’origine fossile pour faire face aux pointes de consommation et compenser l’intermittence des sources renouvelables.

 

A QUEL PRIX ?


Franchir le pas serait donc techniquement possible, mais à quel prix ? Cela se traduit probablement par une hausse sensible de l’électricité. Les coûts de production du nucléaire sont actuellement estimés officiellement à 21 euros le mégawatheure, contre 70 euros pour l’éolien terrestre, plus de 100 euros pour la biomasse et plus de 300 euros pour le photovoltaïque, par la Commission de régulation de l’énergie. Ce prix n’intègre cependant pas la totalité des coûts du nucléaire. De nombreux coûts restent cachés et incertains, notamment ceux du démantèlement des centrales (estimés à 65 milliards d’euros en 2004 par la cour des comptes) ou de la gestion des déchets radioactifs (le coût du stockage a été réévalué de 15 milliards d’euros en 1996 à 58 milliards en 2003). Deux estimations qui restent encore très aléatoires. Autre incertitude : le coût d’un éventuel accident. La convention de Paris, le régime international de responsabilité nucléaire, plafonne à 700 millions d’euros le montant des dédommagements dûs par les opérateurs. Une garantie dérisoire. Au final, c’est bien l’Etat qui se porte garant, donc le contribuable. De plus, suite à la catastrophe de Fukushima, les exigences de sécurité, et donc les coûts du nucléaire, risquent de s’accroître sensiblement. Tandis que ceux des renouvelables baissent régulièrement. Et baisseront d’autant plus vite à l’avenir que les projets se développeront.

De toute façon, comme l’avait montré un rapport de l’ex-Commissariat du Plan en 2000 (3), les données économiques ne permettent pas vraiment de déterminer l’option la moins coûteuse entre la poursuite du nucléaire ou son abandon. Et quoi qu’il en soit, sortir ou pas du nucléaire n’est pas une question que seuls les économistes sont habilités à trancher. C’est aux citoyens de s’approprier le débat. Ce qui serait une première dans la courte histoire du nucléaire.


1. Disponible sur www.negawatt.org

2. Pour le détail des économies d’énergie réalisables, voir « Du gâchis à l’intelligence. Le bon usage de l’électricité », les Cahiers de Global Chance n.27, janvier 2010 : www.global-chance.org/spip.php?article47

3. « Etude économique prospective de la filière électrique nucléaire » ; juillet 2000.

 

 

 

 

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 20:37

source: marianne2.fr – article du 5/12/11 

 

 

   Les militants de Greenpeace ont pris d'assaut quatre centrales nucléaires d'EDF. Leur fait d'arme est spectaculaire mais il permet à EDF de faire silence sur le résultat "burlesque" de deux inspections menées par des parlementaires UMP la semaine dernière. Pour que les vrais enjeux de sécurité ne soient pas perdus de vue, Antibobards republie cet article.

 

Il arrive que les parlementaires les plus sérieux se révèlent de sacrés farceurs. Prenez les députés et sénateurs de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) : ils n’ont rien trouvé de mieux à faire que d’organiser, dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre, deux exercices d’alerte dans deux centrales nucléaires à la centrale de Paluel et dans celle du Blayais en Gironde. Et sans prévenir en plus. Une première bienvenue de la part des élus de la Nation, à l’ère post-Fukushima.

Le récit de l’ 
« opération opéra » par le député UMP Claude Birraux, (président de l’Opesct) et le sénateur UMP Bruno Sido (vice-président) est pour le moins édifiant.

Claude Birraux se présente à la centrale de Paluel (Seine-Maritime) vers 19 heures, en compagnie des responsables de l’autorité de « sûreté nucléaire ». Le directeur est sommé d’effectuer la simulation d’un incident majeur : la perte totale d’alimentation électrique du réacteur. Manque de chance, c'est le jour où le groupe électrogène alimenté au diesel est indisponible.

En fait il faudra attendre 21h50 pour que l’exercice débute. Tout se déroule pour le mieux au départ. Les équipes supplémentaires arrivent sur le site en 25 minutes chrono. Puis elles trouvent, dans les documents de procédure d’EDF, une solution : puisque les diesels ne fonctionnent plus, ils faut alimenter en électricité le réacteur 1 en panne, grâce au réacteur 2 toujours en production. Une solution qualifiée d’
« exotique » par la nomenclature de l’exploitant.

Mais au moment de passer aux actes, vers 23h30, catastrophe : la clé indispensable pour accéder au panneau d’alimentation électrique du réacteur électrique  se révèle
« en commande », donc indisponible.

A minuit, Claude Birraux raconte :
« nous suivons l’équipe EDF sur le terrain. Nous arrivons dans un local électrique, mais les indications du document de procédure ne correspondent pas au panneau électrique du local. Il y a un doute : les clés sur le panneau sont-elles mal étiquetées, ou bien sommes-nous dans le mauvais local ? Le local non plus n’est pas numéroté, ce qui est relevé par l’ASN. Après plusieurs allers et retours, entre la tranche numéro 1 et la tranche numéro 2, l’énigme est résolue : toutes les premières instructions du document de procédure semblent en réalité inexactes. »

On passe donc dans la tranche 3, où la signalétique semble mieux respectée… Mais à une heure du matin,
« à nouveau le document EDF comporte des inexactitudes qui ne facilitent pas la tâche de l’équipe (…) A nouveau les personnels sont obligés de barrer plusieurs lignes du document. »

A 1h30,
« Nous mettons fin à l’exercice ». Ouf ! Conclusion : heureusement, « le personnel a su se poser les bonnes questions et n’est jamais resté bloqué dans des situations parfois burlesques ». Et heureusement aussi qu’il s’agissait d’un exercice théorique. La tranche 1 de Paluel n’a pas été mise à l’arrêt et donc les personnels ont travaillé avec de la lumière, comme en plein jour. « Imaginez la situation plongée dans le noir, obligé de travailler avec une lampe de poche dans une main, et les documents dans l’autre… », rappelle Claude Birraux. En situation réelle, le réacteur aurait vécu en situation critique pendant au moins de 3h30, refroidi à minima par l’ultime système de secours : des ailettes qui tournent avec la vapeur du réacteur, et permettent de le refroidir avec un filet d’eau...

 

« Impression mitigée »

 

Au même moment, la centrale du Blayais en Gironde a mieux résisté à l’intrusion de l’Opecst. Il s’agissait de simuler une grosse tempête qui menace les sous-sols des réacteurs d’inondation, ce qui s’était produit en décembre 1999. Le sénateur Bruno Sido a constaté que depuis lors les digues de protection ont été relevées et complétées. Un seul incident relevé : deux capteurs de la hauteur d’eau donnent des indications différentes. Laquelle choisir pour arrêter le pompage de l’eau de refroidissement ? Au bout d’une demi-heure, on s’aperçoit alors que la réponse existe bien, mais pas dans le bon dossier…

La mauvaise surprise, relative, pour les inspecteurs arrive lorsqu’ils accèdent au sous-sol. Bruno Sido en retire une
« impression mitigée » : « Nous avons pu voir des fuites non identifiées non traitées, un repérage insuffisant des tuyauteries, dont certaines très corrodées, un plot en béton et des déchets divers traînant au sol… »
 
« On ne va jamais dans les sous-sols lors des visites habituelles, c’est dommage », commente le sénateur. Claude Birraux s'amuse: "J'avais croisé Henri Proglio, le président d'EDF au Tricastin. Il m'avait dit: si on se voyait à l'occasion? Et bien, on s'est invités chez lui..." L’Opesc l’assure : il y a aura d’autres opérations « Opera » à l’avenir, sans évidemme,t dévoiler ni quand ni où.  Puisqu’il s’agit de se mettre à l’heure du post-Fukushima, nous préconisons la simulation simultanée de la perte de l’alimentation électrique et d’une invasion par les eaux, comme au Japon. Cela pourrait se révéler « burlesque », non ?

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 20:36

Un rapport atomise les tests de résistance

22 novembre 2011

Le groupe d’eurodéputés ALE/Les Verts a présenté ce 22 novembre un rapport d’expertise sans concessions sur les tests de résistance des centrales nucléaires européennes. Périmètre, données, méthodologie… Il liste les vulnérabilités des tests de résistance.

Suite à l’accident sur la centrale japonaise de Fukushima, l’Europe avait décidé de soumettre ses réacteurs à des tests de résistance. A l’aune de ce rapport, le constat est cinglant : « les tests ne vont pas nous donner d’informations sur la sûreté des centrales nucléaires européennes », assène Wolfgang Renneberg, auteur de l’étude. D’abord à cause du périmètre considéré : « les scénarios sont incomplets », juge-t-il. Par exemple, en cas d’incendie ou de chute d’avion. « La gestion de la sûreté et les éventuelles erreurs humaines sont également absentes. »

Quant aux scénarios étudiés, l’examen ne serait pas assez approfondi. L’usure des matériels aurait ainsi été négligée. D’autant qu’il « n’y a pas vraiment d’inspection », relate Wolfgang Renneberg. Les tests reposeraient sur les rapports fournis par les opérateurs. « On se fonde sur les données de la licence d’exploitation. Dans la plupart des cas, elle a été accordée il y a 30 ou 40 ans », dénonce-t-il. Les connaissances, notamment, ont depuis évolué.

Outre les données, la méthodologie est mise en cause. Exemple avec le risque sismique : il existe de multiples méthodes de calcul de la gravité d’un tremblement de terre. Mais « les tests n’offriront aucune possibilité de comparaison », regrette l’auteur du rapport. Facteur aggravant, l’absence de définition de la notion de solidité. De toute façon, « les tests se déroulent sur une durée limitée », conclut-il. Impossible de mettre en place un examen par les pairs.

Pour en savoir plus :

source: www.environnement-magazine.fr

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 20:35

 

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 20:34

États-Unis : au moins 14 000 décès causés par les

 

retombées de Fukushima


mardi 17 janvier 2012 par Alain KALT (retranscription)


L’impact semble à peu près comparable à celui de Tchernobyl ; Les petits enfants sont les plus durement touchés, une recherche en cours montre un comptage de décès sûrement plus élevé.

On estime que plus de 14.000 décès aux États-Unis sont liés aux retombées radioactives de la catastrophe des réacteurs nucléaires de Fukushima, selon un important article de l’édition de décembre 2011 du Journal International des Services de Santé. C’est la première étude spécialisée publiée dans un journal médical à faire connaître les risques sanitaires de Fukushima. Les auteurs Joseph Mangano et Janette Sherman ont écrit que leur estimation des 14.000 décès d’américains dans les 14 semaines après les fusions des réacteurs de Fukushima peut se comparer aux 16.500 décès dans les 17 semaines après la fusion de Tchernobyl en 1986. L’augmentation de décès rapportés après Fukushima a surtout été constatée chez des enfants américains de moins d’un an. L’accroissement de décès infantiles 2010-2011 a été de 1,8%, comparé à la diminution de 8,37% des 14 semaines précédentes. L’article sera publié mardi et sera disponible sur le web à 11 h à l’adresse suivante : http://www.radiation.org 

Exactement 6 jours après la fusion des 4 réacteurs, (donc le 17 mars) des scientifiques ont détecté un nuage de retombées toxiques parvenu au-dessus des plages américaines. Des mesures ultérieures faites par l’Agence américaine de Protection de l’Environnement ont montré aux États-Unis des niveaux de radioactivité de l’air, de l’eau et du lait des milliers de fois au-dessus des normes. Les plus forts taux détectés d’iode-131 en précipitation ont été aux États-Unis les suivants (la norme est environ de 2 picocuries d’iode-131 par litre d’eau) : Boise, Idaho = 390 ; Kansas City = 200 ; Salt Lake City = 190 ; Jacksonville, Floride = 150 ; Olympia, état de Washington = 125 ; et Boston, Massachussets = 92.

L’épidémiologiste Joseph Mangano a dit : « Cette étude des risques sanitaires liés à Fukushima est la première à être publiée dans un journal scientifique. Elle ne fait qu’augmenter l’inquiétude et suggère fortement de continuer des études de santé pour comprendre le réel impact de Fukushima au Japon et autour du monde. Les découvertes sont importantes pour le débat actuel sur la construction de nouveaux réacteurs et combien de temps on doit conserver les réacteurs vieillissants en service. »

Mangano est directeur exécutif du projet Radiations et Santé Publique, et auteur de 27 articles de journaux médicaux et lettres. Janette Sherman, interne en médecine et toxicologue disait : « En se basant sur notre recherche en cours, le comptage réel des décès ici peut atteindre 18.000 personnes, si on ajoute les grippes et les pneumonies comme cause de décès, qui ont quintuplé dans la période en question. On a vu des morts dans toutes les tranches d’âge, mais nous continuons à réaliser que les petits enfants sont plus durement touchés car leurs tissus se multiplient rapidement, ils ont des systèmes immunitaires moins développés et les doses de radioisotopes sont proportionnellement plus importantes que pour les adultes. »

Le Dr Sherman est professeur adjoint à l’université du Michigan et co-éditrice de »Tchernobyl – conséquences d’une catastrophe pour les gens et l’environnement », publié en 2009 par l’Académie des Sciences de New York, et auteur de »Exposition chimique et maladie et Le délicat équilibre de la vie – Causes et prévention du cancer du sein. »

Les rapports hebdomadaires des centres de contrôle et de prévention des maladies établissent le nombre de morts pour 122 cités américaines avec une population supérieure à 100.000 habitants, c’est à dire entre 25 et 30% des États-Unis. Dans les 14 semaines après l’arrivée des retombées de Fukushima aux US (entre le 20 mars et le 25 juin), les morts rapportées aux centres de contrôle des maladies a augmenté de 4,46% par rapport à la même période de 2010, comparé aux seuls 2,34% dans les 14 semaines précédentes. Les décès en excédent pour tout les US pendant cette période sont d’environ 14.000.

SOURCE : http://www.marketwatch.com/story/me... 

 http://environnement-lanconnais.asso.fr/spip.php?article298

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 20:33

"Alors que le gouvernement japonais vient de décréter l’arrêt à froid des réacteurs de Fukushima (comme s’il y avait encore des « réacteurs » à Fukushima !), un journaliste japonais indépendant, Tomohiko Suzuki, a donné vendredi une conférence de presse très instructive. Cet homme courageux, journaliste de terrain, s’était fait embaucher à la centrale de Fukushima Daiichi comme ouvrier par l’intermédiaire d’une filiale de Toshiba. Il a pu ainsi enquêter à l’intérieur même du site du 13 juillet au 22 août 2011, assigné à une tâche liée au retraitement de l'eau contaminée. Ses révélations décapantes nous amèneront à nous interroger une nouvelle fois sur la disparition de dizaines, voire de centaines d’ouvriers sur les listes administratives de la centrale nucléaire."

 

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Lire la suite et visionner les vidéos sur:

 

http://fukushima.over-blog.fr/article-les-disparus-de-fukushima-93065109.html

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 20:32
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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 20:31

Tchernobyl aujourd’hui

 

Source : « Le Dniepr » Le journal des enfants de Tchernobyl - n.58 – juin 2011

Journal édité par l’association humanitaire alsacienne reconnue d’utilité publique :

« Les enfants de Tchernobyl » 


L’association a effectué en 2011, une mission pour évaluer la situation sur le terrain (régions sud ouest de la Russie) plus de 25 ans après l’explosion du réacteur à Tchernobyl le 26 avril 1986. Les études ont été principalement effectuées à Novozybkov (Ukraine), ville de 41 000 habitants située à 200 km de la centrale nucléaire accidentée.


Les analyses sont prises avec un spectromètre gamma très performant pour évaluer la contamination en césium 137 de la couche superficielle des sols. Les résultats sont sans appel, les chiffres s’affolent sur le compteur : la moyenne donne environ 250 000 Bq/m2 de césium 137, soit autant que dans la zone interdite de Tchernobyl (et nous sommes à 200 km !) et cela dans les jardins, les cours d’école, les forêts…


Qui dit contamination des sols dit bien sur contamination des aliments, et donc contamination de la population. Car si la radioactivité du sol diminue  (il faudra attendre plus d’un siècle pour atteindre des concentrations non toxiques) elle s’accumule en revanche dans le corps des êtres humains. Certains enfants, qui n’étaient pas nés en 1986, ont dans leur corps autant de césium 137 que leurs parents 25 ans plus tôt…


Depuis 1986, des milliers d’études ont mis en évidence dans les pays touchés une augmentation sensible de toute sortes de pathologies, de cancers aux retards de développement mental. « L’Académie des sciences de New York » a publié le recueil le plus complet de données scientifiques concernant la nature et l’étendue des dommages infligés aux êtres humains et à l’environnement à la suite de l’accident. Les auteurs estiment que les émissions radioactives du réacteur en feu ont atteint 10 milliards de curies, soit 200 fois les retombées des bombes atomiques lancées sur Hiroshima et Nagasaki…


Les dépenses directes provoquées par la catastrophe pour les 3 pays les plus touchés dépassent 500 milliards de dollars, ce qui rapporté au coût de la vie dans l’U.E, représente plus de 2 000 milliards d’euros…

On ne peut s’étonner de la désinformation quand aux conséquences sanitaires et écologiques de l’accident, lorsque l’on sait que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), porte parole de l’establishment nucléaire, a signé un accord en 1959 avec l’OMS, interdisant d’informer les populations sur les effets des rayonnements ionisants pour les humains sans l’aval de l’AIEA…


…Le maire de la ville de Novozybkov relate n’avoir entendu parler de la catastrophe que deux mois après, leur ville a ensuite été classée « zone d’évacuation » mais n’a jamais été évacuée faute d’argent pour reconstruire une ville nouvelle plus loin, les normes admissibles de contamination au césium 137 dans l’alimentation ont été rehaussées, la nourriture disponible localement est contaminée et à moins d’émigrer aucune autre n’est disponible, l’Etat rachète les maisons de ceux qui veulent partir mais les recède à des mal logés d’ici ou d’autres régions, des pommes de terre produites dans les terres contaminées sont envoyées en Sibérie, l’hôpital local doit faire face à une hausse constante des pathologies dans des conditions des plus rudimentaires, la contamination est diluée dans toute la Russie….


Bilan sanitaire de Tchernobyl en quelques chiffres :


·      OMS : 5 000 cancers de la thyroïde et 9 000 autres cancers en zones très contaminées

·    AIEA: 56 morts de cancers de la thyroïde, 4 000 personnes pourraient décéder.

·    

       UNSCEAR, Comité scientifique de l’ONU pour l’étude des effets des rayonnements ionisants : 6 000 cancers de la thyroïde dont au moins 15 mortels (en 2005).


·   Greenpeace : 100 000 à 400 000 morts de cancers et autres maladies en Ukraine, Russie, Biélorussie.


·   Académie des sciences de New York : 985 000 décès dans le monde entre 1986 et 2004, 125 000 liquidateurs morts, 40 à 80% d’enfants malades dans les zones contaminées.

 

 

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Petite histoire de la centrale:


L’URSS projetait de faire de Tchernobyl la plus grande centrale nucléaire d’Europe, avec 12 réacteurs…


·      Réacteur 1 : mis en service en 1977, arrêté en 1996.

·      Réacteur 2 : mis en service en 1978, arrêté en 1991 à la suite d’un incendie.

·      Réacteur 3 : mis en service en 1981, arrêté en 2001 à la demande des autorités internationales.

·      Réacteur 4 : mis en service en 1983, explose en 1986.

·     Réacteur 5 : construction interrompue par l’accident, sert de poubelle pour les déchets du bloc 4.

 

Arrêtés, mais pas décontaminés. Installations, combustibles et déchets nécessitent une vigilance permanente. Aujourd’hui l’objectif est de « sécuriser le site » : une enceinte doit être construite autour du sarcophage fissuré (arche métallique de 23 000 tonnes, 108 m de haut, 162 de long). Les travaux ont débuté en 2010, et devraient s’achever en 2015. Projet estimé à 1,540 milliards  d’euros. 520 millions d’euros sont requis d’autre part, pour la gestion de 2 millions de tonnes de combustibles radioactifs actuellement stockés à l’air libre…

 

L’association "Les enfants de Tchernobyl" organise depuis 18 ans des séjours d’été pour 3 000 enfants Ukrainiens et Russes de 6 à 11 ans victimes de contamination radioactive, dans des familles alsaciennes. Pour leur permettre de se refaire une santé grâce à une alimentation « propre » :


« Après trois semaines de séjours en France, la charge de césium 137 des enfants a baissé de 20 % en moyenne, après huit semaines de 62,5 %. Preuve qu’il est important de faire sortir les enfants des zones où la nourriture est contaminée et où il y a des sources d’irradiation externe. »


Elle finance aussi des cures de pectine de pomme (avec vitamines et oligo-éléments) qui permettent de réduire la contamination interne.

 

Bibliographie pour approfondir :


« L’Atlas des contaminations radioactives » d’André Paris, Ed. Yves Michel. Un ingénieur agronome et géologue, spécialiste bénévole de la mesure de contamination des sols sillonne toute l’Europe de 1999 à 2001, pour enregistrer une « image » de la radioactivité « vue » à la surface du sol. 3 000 mesures qui apportent une information indépendante sur les conséquences sanitaires de la catastrophe de Tchernobyl.


« Tchernobyl, 25 ans après. Situation démographique et problèmes de santé dans les territoires contaminés » de Youri Bandajevsky, Ed. Yves Michel. Emprisonné pendant huit ans pour avoir dénoncé la politique de santé de la Biélorussie après Tchernobyl, le professeur Bandajevsky préside depuis 2009 le Centre écologie et santé de Kev. Il a élaboré « un modèle de système de vie dans un territoire par la radioactivité ».

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