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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 20:31

« Aux député-e-s et candidat-e-s aux législatives

Madame, Monsieur,

En période de grand froid, la supposée « indépendance énergétique » de la France est mise à mal puisque notre pays est dans l'obligation d'importer massivement du courant d'Allemagne, de Suisse et d'Italie. Le risque de coupure n'est donc que la conséquence de choix énergétiques irrationnels faisant la part belle au nucléaire et au chauffage électrique censé écouler le surplus d'électricité produite.

De plus, le nucléaire n’assure jamais notre indépendance énergétique puisque notre uranium est importé à 100 %, essentiellement du Niger où il est extrait dans des conditions scandaleuses pour les travailleurs et les populations locales. À moins que le Niger soit une colonie française ?

Le nucléaire ne crée pas d’emplois : EDF fait de plus en plus appel à des intérimaires qui se surnomment eux-mêmes "viande à rems", ce qui en dit long sur leurs conditions de travail...

Le nucléaire est une énergie non renouvelable, l’uranium étant un métal, élément naturel dont les gisements ne seront pas éternels.

Le nucléaire manque de souplesse et il faut recourir aux énergies fossiles en période de pointe (centrales à gaz ou importation).

Le nucléaire ne résout pas les problèmes liés à l’effet de serre : l’énergie nucléaire ne représente que 5 à 6 % de la consommation mondiale d’énergie (et 17 % de l’électricité). Les gaz à effet de serre sont produits en majorité par les usages non électriques de l’énergie : transports, industrie, bâtiment, agriculture.

De surcroît, nucléariser ne serait-ce que 80 % de la production mondiale d’électricité nécessiterait de construire 2 000 réacteurs supplémentaires (il y en a actuellement 440), et dans des délais très courts, ce qui n’est absolument pas réaliste.

Le nucléaire est coûteux : des milliards d’euros sont pris sur les fonds publics pour la recherche nucléaire au détriment des autres sources d’énergie et des autres secteurs de la recherche. Que dire du coût exorbitant de la construction et du fonctionnement, du démantèlement et de la "gestion des déchets" pendant des milliers d’années ! Et en cas d’accident majeur ? À titre d'exemple, le coût des conséquences de l’explosion d’AZF à Toulouse est estimé à plus d’1,5 milliards d’euros... et c'est une catastrophe mineure, au regard d'accidents de type Tchernobyl ou Fukushima.

Le nucléaire est polluant : il n’y a aucune possibilité d’éliminer les "déchets" radioactifs pour des siècles et des siècles... amen ? Les centrales ne sont pas étanches (fuites radioactives dans l’eau, l’air) et des proliférations microbiennes et autres sont constatées dans les eaux devenues trop chaudes en aval des centrales. Même les pêcheurs s’inquiétent !
Que dire des pollutions liées aux transports (combustible, déchets...) et de celles liés aux chantiers pharaoniques de la construction de nouvelles centrales ?

Le nucléaire est dangereux pour la santé : il s’ajoute aux autres sources de radioactivité déjà nombreuses (naturelle, retombées des essais militaires, rejets et traitements médicaux, irradiation des aliments...) On sait maintenant qu’aucune dose n’est anodine. Pourquoi ne pas dépenser l’argent des contribuables (notre argent !) plutôt à limiter ces pollutions radioactives qu’à en rajouter ? Quant à l’accident... on admet maintenant qu’il est possible... Il est même de plus en plus probable, compte tenu du vieillissement du parc nucléaire et de l’allongement artificiel de la longévité des centrales pour des raisons purement comptables. Les incidents se multiplient et même la CGT, réputée pro-nucléaire, tire la sonnette d’alarme ! Sans compter bien sûr les risques d’attentats et de malveillances, d’accidents lors des transports, ou liés aux aléas climatiques. Des déchets radioactifs traversent la France en camion et en train deux à trois fois par semaine ! Une catastrophe majeure style Tchernobyl ou Fukushima, c’est des victimes innombrables, des régions entières inhabitables, des conséquences sanitaires gravissimes (cancers, malformations congénitales...) et ce, pendant des milliers d’années.

Le nucléaire est dangereux pour la démocratie : depuis l’été 2003, toute information concernant le nucléaire même civil est maintenant classée "secret défense". La gestion d’une catastrophe nucléaire serait donc militaire... et quelle gestion ? Les Toulousains n’ont pas oublié celle de l’explosion d’AZF... Il est peut-être utile aussi de rappeler que plus de 60 % des Français sont contre le nucléaire... Que dire de la gestion de la catastrophe de Fukushima ? les Japonais sont plus stupides que les Français ? Allons donc...

Le nucléaire est dangereux pour la paix. La plupart des pays développés l’abandonnent, seuls les pays en développement y recourent (une partie des matières radioactives produites dans les centrales peut servir à des fins militaires...) La France serait donc un pays en voie de développement ?

Il faut sortir immédiatement du nucléaire, ou nous n’en sortirons jamais... et c’est possible !

Bien sûr, en France, 75 % de l’électricité est d’origine nucléaire et les renouvelables ne peuvent pas prendre le relais immédiatement (actuellement, il faudrait 200 000 éoliennes !)

Mais l’équivalent de 12 réacteurs est envoyé à l’exportation, or rien ne nous oblige à accepter de produire de l’électricité nucléaire pour les pays qui se vantent de ne plus le faire !

L’équivalent de 9 réacteurs sert pour l’autoconsommation des centrales (uranium enrichi, retraitement, etc.) et le transport du courant (lignes haute tension et transformateurs), 17 sont arrêtés en permanence pour réparation... en fait, seule une vingtaine de réacteurs sert vraiment à notre consommation !

Une sortie immédiate peut donc s’envisager avec, en période de transition :

1) des mesures d’économies d’électricité, possibles sans perte de confort (logements correctement isolés, interdiction du chauffage électrique, appareils classe A, suppression des veilles, limitation des éclairages nocturnes publics, dans les vitrines et les bureaux...) et rapidement mises en œuvre grâce à des mesures politiques d’incitation, à l’instar de ce qui fut fait pour renouveler le parc automobile. Prenons exemple sur les Japonais ! Depuis Fukushima, ils ont drastiquement diminué leur consommation électrique.

Douze réacteurs servent à la production d’eau chaude sanitaire et au chauffage électrique, ce qui est une aberration ! L'eau chaude sanitaire peut être produite avec le solaire, le chauffage peut être assuré de nombreuses façons, et est même quasi inutile dans des logements correctement conçus (Label Minergie par exemple).

2) l’utilisation de toute la puissance déjà installée des centrales hydrauliques et des centrales thermiques à énergies fossiles (charbon). Ces dernières sont actuellement utilisées à 10 % de leurs capacités, pour les seules périodes de pointe.
Le réchauffement climatique est souvent utilisé comme contre-argument à cette solution. Il faut savoir que le CO2 n’est pas le seul gaz à effet de serre ! Il y a aussi la vapeur d’eau (et les centrales nucléaires en produisent beaucoup), le méthane, le N2O et surtout les HFC et PFC (refroidissement dans l’industrie, les transports...) qui ont un potentiel de réchauffement global 10 à 15 000 fois plus élevé que le CO2. Limiter les transports serait plus efficace pour limiter la production de GES que de continuer à nucléariser la France. La production d’énergie électrique française ne représente que 1 % de la production d’énergie mondiale... autant dire vraiment pas grand chose.

De plus, le béton avec lequel sont construites les centrales nucléaires dégage des quantités de CO2 lors de sa production.

Il est possible, et indispensable, de :

- développer la cogénération (une centrale produit 2/3 de chaleur pour 1/3 d’électricité), développer les renouvelables (solaire, éolien, biomasse...), la méthanisation...

- développer l’éco-construction et l’habitat bioclimatique,

- décentraliser la production d’énergie et adapter les solutions aux situations locales,

Enfin, sortir du nucléaire créera des emplois ! Autrement plus nombreux, sains et valorisants que ceux du nucléaire.

Le chauffage électrique est inefficace énergétiquement et coûteux pour l'usager. La transition énergétique passe désormais par une interdiction ciblée du chauffage électrique pour les constructions neuves et par son remplacement progressif pour les bâtiments anciens. Une telle politique rendrait de plus inutile la constructions de centrales à gaz destinées à répondre aux pics de consommation liés au chauffage électrique.

En cette période électorale, nous vous invitons à utiliser ces commentaires pour faire connaître aux électeurs vos engagements sur ce sujet.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, mes salutations de citoyen attentif à votre réponse.

Posté par Catherine R
Le 03/02/2012 à 08:44:17 »

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CAN - Collectif pour des Alternatives au Nucléair - dans S'approprier le débat
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